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Qui je suis ?

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Je suis né et j’ai grandi au village de Beni-Yanni

Ma passion pour les bijoux kabyles, ne date pas d’hier. En effet étant enfant, j’accompagnais souvent ma grand-mère qui commerçait en faisant du porte à porte pour vendre les bijoux kabyles. Même si je ne comprenais rien aux transactions, j’ai toujours été fasciné par ces beaux bijoux riches en couleurs et en symboles. Ce fut le coup de foudre. A l’âge de 10 ans, j’aimais déjà troquer mes billes ou mes cartes de collections contres des bijoux (bagues, pendentifs, chaines…) avec mes camarades d’école pendant la récré. Une fois au collège, et à chaque vacances je passais le plus clair de mon temps dans les ateliers du village, très vite je suis passé de l’étape d’observation à celle d’apprenti et j’ai très vite appris le métier, comme on dit chez nous : « on vole le métier ».

 

La seconde étape a été pour moi de découvrir l’impacte du bijou kabyle, sur la vie économique locale, mais aussi la dimension historique, artistique, culturelle et sociétale du bijou. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si un bon nombre de chercheurs, d’étudiants ont réalisés des études publiées sur « le bijou kabyle », comme Camps Fabert, Farida Bénouniche … pour ne citer qu’eux.

 

Après ma terminale, j’ai travaillé pendant une année comme guide touristique, et ce n’est pas anodin. Notre village attire beaucoup de touristes, et l’attraction principale c’est l’artisanat local et principalement les bijoux kabyles. En tant que guide je me faisais toujours la joie de parler aux visiteurs des bijoux kabyles, sur tous les plans (historique, technique, symbolique etc.). C’ est ainsi, que j’ai approfondi mes connaissances sur ce thème pour nourrir ma passion.
En 1989, service militaire obligatoire, je me retrouve alors affecté dans une caserne à Oran (ouest-algérien). Pendant mes temps libres je me rendais souvent en ville, et à chaque fois que je voyais une bijouterie, je m’arrêtais pour admirer les bijoux comme par nostalgie. En effet je me retrouvais ainsi jeune militaire appelé, fauché sans un « copeck » dans la poche et loin de ma passion, que faire ? Un soir, alors que j’étais de permission en ville, une idée m’est venue en tête, et je l’ai mise tout de suite en exécution. J’ai poussé la porte d’une bijouterie, et après les salutations d’usages, avec un culot pas possible j’ai attaqué : « Voilà, il se trouve que je suis représentant et je vends des bijoux kabyles, si vous le souhaitez je peux vous ramener des échantillons lors de ma prochaine tournée ». A lui de répliquer d’un air mi-amusé : « Des échantillons ! Des échantillons ?! Ramène nous de la marchandise, on est a sec ! »
Ainsi, durant toute la période de mon service militaire, j’ai approvisionné en bijoux kabyles une clientèle que j’ai fidélisée et satisfaite. Ce fut ma première école dans la commercialisation des bijoux de mon village, je remercie au passage l’aide que j’ai eu de la part de beaucoup d’artisans qui m’a était précieuse (je ne payais à mes fournisseurs que la marchandise qui était vendue et ainsi je n’avais besoin d’aucun investissement tout en enrichissant mes connaissances dans le domaine). Bien évidement à cette époque je ne me voyais pas faire autre chose que l’artisanat kabyle dans lequel je m’épanouissais. J’avais réussi à mettre de côté de quoi ouvrir une boutique une fois la quille arrivée. Aussitôt dit aussitôt fait !

 

Mais en 1994, je débarque en France pour une tournée de théâtre (le médecin malgré lui de Molière, interprétée en kabyle). Et ce qui devait durer deux mois dura 20 ans. Vous me direz c’est-à-dire ? Pour mémoire c’était l’époque de la décennie noire algérienne. Aussi, pendant que je tournais paisiblement en France, mes parents m’ont informé que j’avais reçu un ordre d’appel pour retourner sous les drapeaux à cause de la guerre sanglante qui nous était imposée par les islamistes. Là a commencé mon exile en France. Mais comme on dit : a quelque chose malheur est bon. Du statut du rôle principal du « médecin malgré lui » que j’interprétais, je suis passé au statut d’exilé malgré lui en plus clandestin.
Aujourd’hui, après avoir travaillé durant ces sept dernières années, dans l’éducation spécialisée, J’ai décidé de passer à la phase opérationnelles d’un projet sur les bijoux kabyles que j’ai nourrit de toute mon expérience acquise en France depuis vingt ans. Comme quoi ! On chasse le naturel, il revient au galop.

 

L’artisanat, dans le domaine de la joaillerie (« bijoux kabyles »), est la principale et ancestrale activité économique et touristique des villages de Beni-yanni  en Kabylie (Algérie) elle est aussi mon histoire et ma passion.

 

 

 

 

L’histoire du nom de famille

de Kamal Mezoued.

par l’émission

Karambolage d’ARTE

> voir sur le site d’ARTE KARAMBOLAGE