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La bijouterie kabyle

pp.expo.pdf - Adobe Acrobat ProLa bijouterie maghrébine connaît trois composantes : il existe une orfèvrerie véritable travaillant l’or, le platine et utilisant les pierres précieuses, et deux «orfèvreries» d’argent qui sont dites berbères.

De la première qui ne nous intéresse guère, nous retiendrons son caractère essentiellement citadin. La compagne maghrébine n’appréciait guère les bijoux en or – sans doute parce qu’elle était trop pauvre pour s’en procurer – alors que la riche clientèle des villes, les Maures et les Turcs, puis les Européens, dédaignait les bijoux en argent et leur préférait généralement l’or, les perles et les diamants. A l’époque coloniale, l’élégance de la bijouterie parisienne qu’elle imitait sombra soit dans la mièvrerie pan méditerranéenne, soit dans la lourdeur arrogante révélatrice de l’esprit de la clientèle à laquelle elle était destinée. Il n’en fut pas de même de la bijouterie rurale.

On peut reconnaître dans l’orfèvrerie rurale maghrébine deux grands ensembles techniques qui fournissent des produits assez différents bien que le fond soit commun : ce sont la bijouterie moulée et à découpage ajouré, d’une part, la bijouterie émaillée, d’autre part. La première est connue partout : elle est, dirons-nous, pan maghrébine ; la seconde, en revanche, est étroitement localisée dans quelques petits cantons ou groupes de villages spécialisés. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, l’orfèvrerie émaillée était pratiquée en trois points du Maghreb : en Grande Kabylie, surtout chez les Aït-Yanni ; en Tunisie, dans la petite ville de Moknine et l Ile de Djerba ; au Maroc, dans l’Anti-Atlas et plus précisément à Tznit. Actuellement, depuis le départ des juifs maghrébins, les ateliers de Moknine et de Djerba ont pratiquement cessé de produire ces bijoux, tandis qu’au Maroc, la production diminue considérablement. Seule, la Grande Kabylie maintient, mais avec beaucoup de difficultés, la fabrication de bijoux émaillés.